13 avril 2011

Les films thérapeutiques

♪«And we’ll get a chinese and watch TV»

J’ai échoué, je me suis trahie. Je suis allée au club vidéo et j’ai laissé la tentation m’emporté. Les maudits films de filles. Un pot d’Häagen-Dazs et une boîte de Kleenex plus tard, c’est maintenant que je réalise que non, je n’aurais pas dû me laisser tenter. Résultat, j’ai mal au ventre, j’ai le visage tellement bouffi que j’ai l’air d’une crise d’allergie ambulante et je trouve que la vie c’est de la marde!

Dire que je croyais que ça se voulait thérapeutique comme démarche… Les maudits films de filles. C’est juste bon pour vous aidé cultivé un rêve surréaliste. Certains les écoutent pour se dire qu’ils y croient encore, d’autres, pour se dire qu’ils n’y croient plus pantoute. Je me situe entre les deux. Disons, j’y crois encore, de moins en moins et certainement pas dans ma vie à moi. J’y crois pour les autres, mettons.

On aurait dû placer des électrodes sur ma tête pour calculer l’amplitude de mes réactions face à certaines scènes critiques du film. Comme la passe où il lui dit finalement le "je t’aime" tellement convoité. Oh my god! J’ai pleuré!

Je dois certainement être dans mon ovulation. Tout à l’heure, j’ai étouffé un petit sanglot devant une annonce de yogourt.

Maintenant, je vais aller me mettre des concombres sur les yeux avant qu’ils sortent de mes orbites. J’aimerais quand même retrouvé mon visage habituel demain.

6 avril 2011

Malaise verbal

♪«Tu me dégueules»

L’amour était né. Des poussières, des cendres, de cries, l’amour était né. Dans un long corridor, dans la gare centrale, derrière la porte, dans le ventre, sous les draps, l’amour était né. L’humain, le cœur. La bête, le corps. La tête, le souffle. Souffrir derrière le masque du désir, la honte, l’amour était né. Peine perdue. Une main tendue dans le vide, le regard fixé vers le ciel, il n’y a plus personne dans le parc à cette heure-ci. Un saut, un plongeon, un sursaut, le plancher, l’amour était né.

L’absurdité même. Lire entre les lignes d’une main. Un art divinatoire révélant la déchéance d’un être sans défense. L’amour ne peut naître des restes dans mon frigidaire.

J’aurais voulu me battre. Lever le poing vers le ciel en signe de protestation, j’aurais voulu crier à l’injustice. J’aurais voulu faire un doigt d’honneur magistral à tous ceux qui n’y ont pas cru. J’aurais voulu rire aux nez des gens.

L’emploi du conditionnel n’est que subjonctif à un présent plutôt imparfait. Je divague. Au prise avec une diarrhée verbale complètement saugrenue et inutile, je vomi des mots et je chie des paraboles. Je finirai sans doute par toute flusher ça en me disant que cette nausée grammaticale passera. Trois fois passera vite vite vite vite!

Rétrospective amoureuse plutôt douteuse

♪«It’s almost like you had it planned. It’s like you smiled and shook my hand and said: "Hey! I’m about to screw you over, big time!"»

«Dites merci à madame Lolie»… Ben voyons?! Tu te prends pour qui? Merci pour quoi? Pour ne pas avoir mis le feu à tes vêtements enduis de mon vomi en criant des grossièretés en latin ou merci de t’avoir permis de scraper deux mois de ma vie?

Monsieur qui veut avoir l’air du gentil jusqu’à la dernière minute, pfft! Avec d’autre s’il vous plait. Certes, une chose est certaine, c’est que, pour moi, les réalisateurs glauques de films macabres, c’est terminé. Je veux autre chose que quelqu’un qui tourne des films bruns avec des images brunes sur des évènements bruns qui donnent juste envie de s’ouvrir les veines la bouche pleine de pilules la corde au cou!

Ciel, donnez-moi quelqu’un de stable qui aime les longues marches en forêt. Quelqu’un qui aborde fièrement le chandail à tête de loup et le bas dans les sandales. Si c’est ça qu’il me faut pour avoir une relation normale, bien, c’est ce que je prendrai. Je ferai des confitures à la rhubarbe dans mes après-midi de congé et je serai heureuse lorsque Garou jouera à la radio!

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♪«Can you put me on the list? »

La normalité n’est-elle pas accessible? Pourtant, je me considère normale, et je me considère accessible. Des fois, je me demande si j’ai un aimant à trou du cul de greffé sur le derrière!

Si je fais seulement faire un petit condensé des deux dernières années, amoureusement parlant, j’ai seulement envie de me mettre en position fœtale et de pleurer ma vie. Ok, on s’amuse, et on regarde ça ensemble, j’aime les rétrospections (et j’aime faire des listes aussi) :

1. 1. L’ex

2. 2. Le junky mormon étrange avec des problèmes de foie

3. 3. L’homme en couple qui restera en couple toute sa vie

4. 4. Le gars qui m’aimait tellement mais que j’ai appris sur Facebook que non seulement il avait une blonde, mais qu’en plus elle était enceinte de 7 mois!

5. 5. Le propriétaire d’hôtel… au Costa Rica (pas très pratique)

6. 6. Le gars qui se cherchait une mère

7. 7. Le roumain qui voyageait trop

8. 8. Le gars qui se cherchait encore une mère

9. 9. Le peintre en bâtiment beaucoup trop jeune qui ne connait rien à la vie

10. 10. Le gars avec les problèmes d’adaptation sociale

11. 11. Le retour du gars qui se cherchait encore et toujours une mère

12. 12. Le vieil ami qui sort de nul part

13. 13. Finalement, le réalisateur de film glauque qui ne croyait plus en l’amour

Voilà, deux ans de marde d’amour de marde… de marde! (Au moins, j’ai pas eu droit à un deuxième épisode du gars qui aimait faire du beucycle!)

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♪«There’s an empty space inside my heart»

Bref, je semble aigrie, vite vite de même, je sais. Mais sachez que malgré tout, j’y crois encore. Heureusement (j’aurais tellement tendance à dire malheureusement, m’enfin) j’y crois encore. Quand même, je me console, c’est pas si pire tout compte fait et ça me donne un paquet d’anecdotes plus savoureuses les unes que les autres dans les soupers bien arrosés. En plus… y’a pas juste ça l’amour dans vie! (OUAHH!!! Regardez qui parle!)

2 avril 2011

L'exilée du nord avec l'enfance dans face

♪«Je suis porté disparu, vous ne me reverrez plus»

Au royaume des conifères, je suis chez moi. J'ai troqué mes feuilles contre des épines. Je me suis fait prévoyante, elles ne tomberont pas malgré le froid.

L'exilée du nord, je suis chez moi. Le soleil sur le blanc de la neige me pète dans la face. Avril s'en vient. Ici, c'est pas pareil. Le bleu de la mer me réconforte et j'aime le son de l'harmonica.

Je me sens comme une chanson country. Je me sens comme un gars de l'usine. La rivière n'est pas encore dégelée, ça ne me dérange pas. Ici, c'est pas pareil. L'exilée du nord, je suis chez moi. Mes racines sortent et j'aime l'odeur de la terre.

Avril s'en vient, le dégel me fait moins chier ici. Une reprise de Beau Dommage au rythme latin à la radio, je me sens dans le sud. Il fait 5 degré.


Ici, c'est pas pareil. Avril s'en vient. L'exilée du nord, c'est moi. C'est moi et c'est rien d'autre. Je fais le plein de jolis paysages, de jolis moments, je suis dans mon milieu, chez moi, dans ma famille, chez moi, le nord, ma maison.


***

♪«Mais rien n'empêche que l'on s'abandonne»

L'équivalent de mon enfance qui vient me fesser en pleine face. L'enfant de la balle. L'amour le plus pur que je n'ai jamais pu ressentir t'a été dédié.

Certes, les années ont passées, nous avons changés, tu as engraissé. Mais quand je t'ai vu, tout de suite, je me suis sentie comme la gamine de 7 ans qui jadis te vouais un culte à inatteignable. Si je ne m'étais pas écoutée, je t'aurais frenché live de même dans le vestiaire juste pour exorciser (et pour me contenter un peu aussi) les démons amoureux de mon enfance.


Ce soir, assise dans mon lit en legging avec mes gros bas de laine et mon brushing qui me flétri sur le tête, je me demande. Je me demande qu'est-ce que ça aurait changé si j'avais osé. Oser te ramasser la face à deux mains dehors, sous la neige d'avril, entre deux puffs de cigarette.

Je suis une grande rêveuse...

Ma mère m'a dit que tu avais fait le saut quand tu as su qui j'étais, j'ai trouvé ça mignon. Quand tu m'as envoyé un baiser de la main quand je suis partie, j'ai trouvé ça mignon. Si au moins j'avais été capable de faire autre chose que de te répondre par un sourire discret pour ensuite me cacher la face dans mon foulard en grande gênée (nounoune!).

L'enfant de la balle.

Bah... il y a de ces choses qui ne changeront jamais.

Giboulée un jour, giboulée toujours!