16 février 2010

L'odeur d'une nouvelle ère.

♪«Tout ce que j’ai pu écrire»

L’odeur d’un cahier neuf. Quoi de plus inspirant que l’odeur d’un cahier neuf? L’odeur du papier frais. Pose tes mots sur ma chaire bien blanche et libère enfin ton âme. Oh que oui! Un acte libérateur.

L’odeur d’un cahier neuf. L’odeur du papier frais. Encore vierge et prédisposé. Ta virginité sera perdue et je te corromprai de mon coup de crayon plus ou moins habile. Je coucherai sur toi mon amour des mots. J’étalerai tout mon âme pour te satisfaire. Mon côté frivole et grivois, je ne te cacherai même pas.

L’odeur du cahier neuf. L’odeur d’une nouvelle moi, d’une nouvelle phase de vie. C’est en étant étrangement en paix avec mon moi-même que j’entame le déviergeage de papier.

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♪«I see you from the sky and I wonder how long it will take to get me home»

Tu m’a dis : «Lolie, je suis content que tu sois revenue.». Pauvre toi, ça t’as toute pris ton p’tit change pour cracher le motton pour me dire ça, les yeux rivés dans la poubelle pendant que moi, je faisais une danse du bonheur impromptue. Moi, la seule chose que j’ai trouvé à dire c’est : «pas moi!»... eille... j’m’excuse... L’art de scrapper un éventuel beau moment, vraiment, j’excelle.

Chronique costaricaine : El bandido

♪« I am a humble monkey»

Les singes hurleurs m’ont encore réveillé ce matin. La forêt tremble, ils sont là. Ils ne crient pas. C’est comme une sorte d’époumonement de grondements sourds qui proviennent d’outre-tombe. Faut comme aller chercher le plus profond des sons dans le plus profond de la gorge en faisant vibrer la cage thoracique. Je ne suis pas capable, j’ai essayé et j’ai vraiment eut l’air folle... une chance que j’ai fait ça dans l’intimité. Les hurleurs... ils portent bien leur nom. En plus, avec un cri de même et un nom de même, ça ferait un méchant bon film d’horreur de série B... Les Hurleurs... woooooooohhhh.....

Il est 6h30 le matin et je prends mon café sur la terrasse. L’avenir appartient aux gens qui se lèvent tôt. Watch me out l’avenir... j’arrive! Un jour j’ai entendu quelqu’un dire : «Faut vivre l’avenir parce que le présent, c’est déjà passé» ça m’avait profondément marqué. Je prend donc mon café en compagnie des hurleurs et de la foule d’oiseaux qui viennent me rendre visite à tour de rôle. Il y en a des bleus, des jaunes, des rouges, des bruns... ici, les oiseaux ont la palette de couleur élargie!

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♪«Algo en tu cara me da vida»

Ce matin, je suis partie en moto explorer le village avec mon oncle. Il m’a montré les plages principales, les restaurants, les grosses maisons et nous sommes arrêté gazer. Un petit poste d’essence dans le fond d’une fermette. Un petit poste d’essence tout sauf légal. J’ai rencontré Jorge. Jorge el bandido de la gazoline. Dans la petit remise à côté de l’enclos à vache Jorge sort le bidon. Jorge verse délicatement l’essence dans la moto avec un gros entonnoir rouge. Il fait attention, il ne doit pas en verser à côté, c’est précieux. Jorge est un charmant et joli garçon qui aborde la coupe brosse sur l’ensemble de sa tête, il a des yeux qui pourrait faire fondre la gente féminine planétaire. Jorge brise des cœurs. Jorge... el bandido de la gazoline. Jorge a six ans.

13 février 2010

Chronique costaricaine : L'Arrivée

♪«Crazy skies all wild above me now»

L’aéroport de Liberia ressemble à une grosse binerie. Un gros hangar d’avion transformé en service frontalier. J’ai dédouané en espagnol, j’étais pas mal fière. Ma valise est là... bonheur! Faut que j’aille enlever mes jeans, j’veux mourir, y fait 37°C et il vente à écorner les bœufs. Mais, non, ici, le vent n’est pas froid et il ne rafraichi pas.

Le Costa Rica, ça sent pas le Canada. Ça sent l’étranger. Nous roulons les fenêtres ouvertes, j’ouvre mes narines le plus grand possible et j’essaie d’analyser l’odeur costaricaine. J’essaie de l’imprégner dans mon cerveau puis de la séparer en morceau pour mettre un nom sur chaque odeur qui fabrique se mélange olfactif unique. Fajitas de maïs, gazoline, terre, pain, fèves noires, blé... mélasse...

Ça fait au moins deux mois qu’il n’y a pas eut de pluie ici. Le village où j’habite est encore sur les routes de garnottes. Mon oncle dit que quand la sphate va rentrer icitte, y’aura pu jamais rien d’pareil. Pour limiter la poussière, les gens arrosent les rues de temps à autre pendant la journée. Puis, pour que la poussière reste par terre, pour qu’elle colle, ils versent de la mélasse. Oui, de la mélasse dans les rues... je les aime déjà ces costaricains. C’est comme marcher sur une crêpe de grand-mère géante.

Sur la route du retour, nous avons vu un bœuf. Marchant seul sur le bord de la route. Il retournait à la maison je suppose... ou peut-être pas... je ne le saurai jamais. Il avait toujours ses cornes, pour moi, il ne ventait pas tant que ça...

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♪«Money, get away»

Ici, on marche en Colònes. 10 000 Colònes, c’est environ 20$. Croyez-moi, lors de la première épicerie, bien qu’on essaie de garder la conversion en tête, que la caissière te dit que ça va te coûter 123 725 Colònes, tu fais l’saut en sacrament!

Le retour

♪«All of your lives unled, reading in bed»

Je suis finalement revenue de voyage. D’où la raison du pourquoi je n’ai pas écrit pendant quelques temps. Disons que, quand on a une magnifique plage à dix minutes de marche de chez-soi, l’ordi prend le bord. Mais, ne vous inquiétez pas, je ne vous ai pas laissé en plan, toujours armée d’un petit cahier, je vous ai concocté quelques petites chroniques costaricaines.

Pour l’instant, la seule chose dont j’ai besoin c’est d’extérioriser. Extérioriser, me plaindre, chialer. Ce n’est pas normal d’avoir le mal du pays lorsque l’on revient. Au même titre que ce n’est pas normal de pogner une presque turista à son retour!

Tomber en amour, à la base, ce n’est pas si compliquer. Tomber en amour avec un pays, c’est une autre histoire. Dire que je nous croyais sympathique nous québécois... hey bien, je n’avais rien vu. Dire que je me croyais sympathique moi Lolie... hey bien, pour avoir enfin remarqué la différence, je suis aigrie.

Je pars travailler tous les matins, je marche, je ne regarde personne, ma musique dans les oreilles, je m’en criss mais totalement. Le sourire d’un inconnu, j’ai oublié le sentiment que ça donne, sourire à un inconnu, j’ai oublié ce que ça fait. J’ai la peau tellement blanche que je tire sur le gris, comme la température.

Je viens de passer onze jours de ma vie à sourire constamment tous les jours. Comme si, être heureuse était redevenue ma priorité. Côtoyer un peuple aussi souriant, comment faire autrement. Le sourire est contagieux, la joie aussi. Onze jours de ma vie à juste sourire et vivre. Onze jours à dire bonjour en marchant dans la rue, à m’attendrir devant les enfants.

Je suis revenue, il fait froid, dehors c’est comme un mélange de gris et de brun... ça pue. J’ai recommencé à travailler... le train-train est revenu... j’étais à peine contente de revoir mon chien. Ils ont égaré ma valise à Atlanta, j’étais redevenue un numéro.

Je ne vois plus la vie de la même manière. Mes priorités ont changées. Les buts que je m’étais fixés ne sont plus. Je ne veux pas finir comme je voulais finir à la base. Je ne veux pas finir à lire au lit en attendant de tomber endormie parce que je suis trop stressée pour fermer l’œil. Je ne veux pas finir comme avant...