11 janvier 2010

Les valeurs mobilières

♪«Y fait noir noir noir...»

Quand je me lève et qu’il fait encore noir, j’ai vraiment de la difficulté à partir ma journée. Les joies de l’hiver. Les journées sont plus courtes et à tous les matins, je me lève et il fait encore noir comme dans l’cul d’un ours. Quand le soleil finit par se montrer le bout du nez, vers 8h30, j’émerge. Aujourd’hui c’est gris… un maudite journée grise où j’aurais juste le goût de me coucher en petite boule derrière mon comptoir et attendre que ça passe.

Attendre que ça passe. Comme une vache qui regarde les trains passer. Je regarderais les moumous de poussière rouler sous le desk, comme dans le far west. Certes, je pourrais bien me gosser un crâne de buffle pour le placer juste à côté des moumous roulants, question de me sentir comme dans un Lucky Luke, mais j’ai un certain manque de motivation. En plus, faudrait que je cherche des matériaux pour le faire… trop compliqué… trop compliqué.

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♪«Won’t you come on over at the side of my sofa»

Une autre journée grise qui meuble me vie. Comme un vieux divan brun-roux qu’on a juste envie de donner à L’Armée du Salut. Si ma mère lisait ça (ce qu’elle fera éventuellement) elle serait contente en mautadine. «Lolie, dis-moi pas que tu penses donner tes vieux divans bruns? me demanderait-elle réjouie.
-Non maman je ne veux pas les donner, mes priorités sont ailleurs que des divans neufs et tu le sais, répondrais-je sur un ton plus ou moins… un ton normal là!
-Ah christie, j’étais assez contente de lire que tu voulais les donner, je les haïs tellement c’est divans là… me dirait-elle déçue.
-Je sais je sais… répondrais-je sans aucune animosité»

Les maudits divans bruns, c’est vrai qui sont laites pareil! Mais reste que, malgré tout, ils font leur job… leur job de divan. C’est bien beau un divan neuf, mais encore faudrait-il l’acheter. Et si je donne mes vieux divans bruns et si j’avais trop de choses à vivre, trop de choses à planifier, trop de choses à accomplir pour m’acheter un fucking divan neuf. La vie est trop courte pour les divans neufs. Je finirais assise par terre comme une vieille hippie qui sent le chanvre pis qui fume des gitanes? Oh que non! La vie est trop courte pour des divans neufs, je garde mes divans bruns bon! En plus, sont comme poilus, ça fait de la compagnie au chien.

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♪«So give me coffee and TV. History. I’ve seen so much I’m going blind»

Les bordels de journées grises. Une chance que le café existe pour m’aider à aligner mes yeux dans leurs orbites respectifs. Reste que, malgré toute la caféine que je peux ingérer dans la matinée, je resterai quand même dans un état second dû à ce manque de clarté. La luminothérapie, c’est pour dire hein! Je pourrais, ‘fectivement, m’acheter une lampe, devant laquelle je pourrais, ‘fectivment, me poster tous les matins pour faire le plein, mais non! Bien, si la vie est trop courte pour les divans, elle l’est pour la lampe itou bon!

10 janvier 2010

L'alphabet grec

♪«Too little too late but we can’t say no. It’s too much to feel. Tie my right hand to the Bible»

Toi. Oui, oui, toi! Toi qui me regarde comme un mâle alpha sur le bord de pisser sur son territoire. Toi qui s’imagine que je ne la remarque pas ta face de jaloux quand je rigole avec un autre. Toi qui pense que je fais juste ça moi… t’attendre.

Qu’est-ce qui est pire que la jalousie. Une jalousie exprimée lorsque l’on n'en a même pas le droit. Parce que, théoriquement mon grand, compte tenue de notre situation, t’as pas le droit d’être jaloux et non, tu n’as, malheureusement pour toi, aucun pouvoir sur moi. J’avoue que oui, parfois j’aimerais dire le contraire et j’avoue aussi que je trouve ça relativement flatteur… relativement…

Toi. Oui, oui toi! Toi qui me regarde avec des rayons gammas prêt à me transpercer le corps parce qu’avoue-le dont que ça te rend malade. Le pire dans tout ça, c’est que je le sais. Je le sais que la journée où je serai devenue inaccessible (parce que oui, ça risque d’arriver un jour), c’est là, et seulement là, que tu vas allumer. Allumer que cette braise ardente était finalement plus qu’un simple feu de pailles.

Dans la vie, faut relativiser. Ce que toi tu ne fais visiblement pas. Nous ne vivons qu’un désir aléatoirement comblé. Quand ça arrive, ça arrive et quand ça n’arrive pas, ça n’arrive pas. C’est tout et ce n’est pas plus compliqué que ça. Mais viens pas me faire rire en me disant que ça n’arrivera plus jamais… j’en viens presque émue quand je te vois essayer de te convaincre comme ça. Ironiquement parlant, je te crois.

Toi. Oui, oui toi! Toi qui me regarde avec ta grosse face bêta sur le bord d’exploser, comme le dit poisson qu’on viendrait de poster devant un miroir. Toi, et toi seul, qui dégage ce bordel de magnétisme à la con qui fait que j’ai toujours le goût de te frencher en permanence comme une déchaînée. Toi qui m’a fait vivre et des expériences si intenses et étrangement sincères. Toi qui se mord la babine d’en bas quand je marche devant toi et que tu penses que je ne remarque rien. Toi qui le sait autant que moi que toute cette histoire n’est visiblement pas terminée. Quand je repense à tout ça je me dis bêtement : «Pauvre elle…».

8 janvier 2010

Lu, vu, su, entendu #2

Entendu l’autre jour dans l’abribus : «Ouais, sur le bord du fleuve, ils ont fait une super belle piste de pédestrerie.»

Mon statut Facebook de la semaine : «Eille... on jase là... mais j’peux tu te dire que de mon monde idéal, tu te noies dans ta laveuse!»

Joke plate que je me suis surprise à vraiment trop rire cette semaine : «Eille, c’est comme si t’avais un rendez-vous avec Jean! » - «Jean qui?» - «Jean Goisse!»

Réflexion étrange de la semaine : Dans la vie, tu peux toute empailler.

Nom de poisson le plus hot de la Terre : Bob-Arnold.

Jeu de mot de la semaine: Le gros vélo de Gravel.

Constatation de la semaine : Charles Tisseyre pourrait me parler d’absolument n’importe quoi qu’il aurait toute mon attention.

Les joues



♪«I'm just a happy kid. Stuck with the heart of a sad punk»

Malgré mes 27 ans et demi, je suis forcée de constater que je ne fais visiblement pas mon âge. Mentalement ça se passe relativement bien mon affaire. Mais physiquement, c’est une autre histoire. Quand tu te fais carter pour un gratteux au dépanneur... Je suis rendue au stade où j’oscille entre le compliment ou l’injure.

Certes, c’est relativement flatteur avoir l’air plus jeune lorsque l’on atteint un certain âge. Moi, je suis comme dans l’entre-deux. À 17 ans, tu veux en avoir l’air de 20. Entre 18 et 20 ans tu t’insultes quand ils te demandent tes cartes à l’entrée des bars en te disant que voyons, tu l’as ta majorité, faudrait qu’ils allument la gagne de... À 25 ans, tu t’en sacres et tu te dis qu’ils font simplement leur travail. Mais à 27 ans et demi... ça tilt dans ma tête. Y’a comme un bug là. Je suis vraiment à mi-chemin entre la mi-vingtaine et la trentaine.

Bon, d’accord. J’avoue que lorsque je suis en congé et que je pars faire les courses vêtue de mon t-shirt de chien-à-tête-de-radio, d’un jeans trop grand, des mes souliers Vans rayés rouge-noir-blanc et de mon sac noir mystérieux (c’est mon sac à course d’écolo, il est noir et dessus il est inscrit en blanc «sac noir mystérieux» (je trouve ça très drôle)) j’inspire tout sauf la crédibilité.

Grosse parenthèse sur ce don que j’ai parfois de ne pas inspirer la crédibilité : L'Halloween dernier, ayant été encouragée par un «T’es pas game!», je suis allée travaillée avec des oreilles de lapins. C’est même moi qui les avais fabriquées avec un reste de tissu poilu, une vielle boîte de chaussure et une passe à cheveux. C’est fou ce qu’on peut faire avec un peu d’imagination. Tout ça pour dire que, j’ai suscité une foule de réactions de la part de mes clients, du personnel aussi, m’enfin bref. Certains n’ont pas réagis, voyons dont, comme si j’avais pas des oreilles de lapin sua tête! Bah, s’ils préfèrent vivre de le déni... D’autres m’ont demandé où était ma queue, vieux cochons. Bon, j’avoue, je m’en étais fabriquée une, mais à la dernière minute, je me suis rappelé que ça pouvait être un tantinet déplacé pour quelqu'un qui travaille dans le public. Lorsque j’ai vu le visage des messieurs qui me demandaient où était ma dite queue, ça m’a juste confirmé le tout. J’ai eu droit à des fous rire de la part de mes clients réguliers que me connaissent quand même bien, ça c’était très drôle. Touyourétile (toujours est-il), lorsque je prenais ma face de sérieuse et que je demandais : «Avez-vous consommé quelque chose de le mini-bar?», avec mon look de bunny, la crédibilité n’était pas au rendez-vous.

Fin de la grosse parenthèse. Où est-ce que j’étais rendue moi làlà avec tout ça. Je vais aller me relire tapeu. À oui... je n’inspire pas la crédibilité et je ne fais pas mon âge quand je suis dans mes journées de congés et que je ne me force pas pour avoir un look de madame. Quoique, même avec mon look de madame, j’ai l’éternelle jeunesse d’étampée dans la face. J’ai encore des joues qui attirent les becs à pincettes des matantes. Finalement, tout ça, c’est à causes de mes joues. Shame on you joues!