♪«The falling leaves, drift by the window. The autumn leaves are red and gold»
Pendant que je regarde les heures passer. L’automne se glisse dans ma vie. Le vent, les feuilles, la pluie. L’automne entre par ma fenêtre. J’ai l’automne dans le cœur.
L’hiver s’en vient et je vis dans le déni. J’ai l’automne dans le cœur. Aujourd’hui, ce n’est pas une belle journée. Ce n’est pas une bonne journée. Je n’arrive même pas à trouver une chanson sur laquelle me raccrocher. Une chanson à écouter en boucle pour seulement avoir ça dans la tête, ça et rien d’autre. J’ai l’automne dans le cœur et ça fait mal.
Je vais aller me faire un autre café, ça devrait passer. J’attends une amie, elle me remontera le moral avec ses bas pas pareils. Elle me dira tout ce que je veux entendre parce que les amis, c’est là pour ça. Elle me dira que c’est mieux comme ça, que je devrais tourner la situation à mon avantage. Elle me dira que je suis intelligente, jolie, sympathique, que j’ai la vie devant moi... aujourd’hui, ce n’est pas une bonne journée, j’ai l’automne dans le cœur et tu le sais.
Je refermerai la porte, tout comme je l’avais ouverte la première fois. Je regarderai les heures passer, je laisserai l’automne entrer dans ma vie. Le vent, les feuilles, la pluie. Je laisserai l’automne entrer dans mon cœur... au moins, ça me donnera de belles couleurs!
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♪«Les mecs c’est des salauds mais peut-être pas tous, remplie ton verre et à nos amour!»
J’me sens comme une tranche de fromage... single... Oh! On a un scoop ici!
L’âge de la reproduction. L’éclosion, l’épanouissement de la sexualité pour engendrer le fameux fruit convoité : le bébé. L’âge de la reproduction. Je suis en plein dedans. Tout le monde se reproduit dans mon entourage. Ceux qui ne l’ont pas encore fait y pense sérieusement, ils envisagent. Les autres, bien ils ont déjà leur petit pain au four. Puis, il y a moi.
Moi, la clientèle cible à la reproduction. Fin vingtaine, travail stable, revenus moyens en couple. Moi, la cliente cible à l’engrossement volontaire. Moi, Lolie, 27 ans et 7/8... mais qu’est-ce que j’attends? What the fuck qu’est-ce que j’attends?! J’attends d’être vraiment prête s’t’affaire!
Alors voici la question tant attendu de tous : Sommes-nous, un jour dans notre vie, prêts à 100% à donner naissance à un babichou? Mais quand je vous dis prêts, je parle de prêts pas à peu près. Prêts dans le sens de aucun doute, rien rien rien, certain certain, toutes les conditions optimums atteintes, le budget, la stabilité d’emploi, revenus annuels de combien, les impôts, de combien le congé maternité. La relation, chu tu vraiment certaine qu’il ne me laissera jamais pour une danseuse hawaïennes de bédaine africaine digne de dash de char avec de minou sul volant. Toutes les avenues possibles ont été vérifiées, revérifiées et contre-vérifiées par un expert en bébétitude. 100% sûres et certains sans l’ombre d’un doute d’hérédité plus ou moins douteuse d’un cousin germain éloigné d’la fesse gauche. Certains dans le sens de certain de vraiment sûre de 100% aucun doutes non non non. C’est certains dans ce sens-là moi je parle...
En tout cas, moi j’pense pas. Je ne pense pas que ce soit possible. «Ouais, mais c’est pas grave ça, toutes ces avenues là, c’est superficiel. Tu penses pas à tout ça quand vient le temps de faire un bébé, tu te sens prête et c’est tout. La vie c’est plein d’obstacles, tu te relèves, tu continues, faut que tu t’en fasses avec des affaires de même. Tsé, un bébé, c’est naturel, faut que ça vienne tout seul...» J’vous entends dedans ma tête. Avec vos voix calmes de mamans posées. Je vous admire pis je vous aime. Je vous admire, je vous aime, mais je pense quand même qu’on ne peut pas jamais Vraiment être Certain à 100% sur cette décision là. (Moi la manie du dernier mot, vraiment, je vois pas du tout de ce que vous voulez parler)
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♪«Et si tu pleures dans la pluie»
Je déteste, mais là, détesssste, pleurer en public. Fait que j’pleure dans la douche. Le bruit de la douche étouffe tes gloussements disgracieux, et quand tu sors, si jamais t’as les yeux rouges, tu peux toujours blâmer le savon, c’est super pratique. Pensez-y! Bip!
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♪«Juste au mauvais moment...»
Comme si rien ne c’était passé. Comme si tout ça n’avait jamais eu lieu. Comme si j’étais la seule à m’en rappeler. Un évènement dans le néant, une étoile dans le firmament, une lueur d’espoir... un évènement dans le néant. Comme si rien ne c’était passé. Des fois je me demande. Des fois je me demande ce que ça l’aurais été. Ce que ça l’aurait été si je l’avais gardé. Si je l’avais gardé, si je l’avais gardé... si je l’avais gardé...si... je... l’avais... gardé...si... si... si... dans le néant comme si rien ne c’était passé.
Ce soir je n’existe pas. Ce soir, il n’y a rien à sauver. Toute la désinvolture de mon âme, toute la légèreté de mon être, toute la tendresse de ma chair. Ce soir je n’existe pas, je ne respire pas, je ne suis pas.
Une pâle copie, un léger reflet, une photocopie, un copy and paste, l’originale s’est cachée. L’originale s’est sauvée, tout au fond de ma tête elle s’est recroquevillée. Le fantôme de moi hante ma demeure. Moi, je reste ici, dans mon petit cahier, bien au chaud et à l’abri dans mes pensées.
Ce soir, je n’existe pas… demain… on verra…
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♪«And what am I suppose to say?»
Le doute… c’est en moi qu’il s’installe. Je m’étais fait une promesse, visiblement, je n’ai jamais été bonne avec les promesses. Si seulement je pouvais faire de la procrastination sur mes sentiments. Une ère nouvelle mon cul! J’ai juste envie de sortir mon chevalet et faire des gros barbeaux. Au moins, après, je pourrai me vanter de quelque chose… Eille! Moi j’fais d’l’art! C’est n’importe quoi.
L’enfoirée d’artiste est de retour. La période noire recommence. La grande noirceur… Voilà à quoi j’en suis réduite. Après le bonheur, tranchons-nous les veines dans l’allégresse et dessinons des X rouges sur tous les murs de la ville! Blâmons l’art! Quelle délivrance!
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♪«Ainsi va la vie qui va ah!»
Bien que toutes ses petites frustrations passagères existent, la vie est quand même belle et bonne. Qui n’en vie pas? Qui n’a aucuns tracas, aucuns soucis, aucuns emmerdements? Ce sont ces petits tracas qui rendent la vie intéressante non? Ce sont ceux-ci qui nous font grandir, qui nous font voir la vie d’un autre angle. C’est à cause de ceux-ci si on se casse la tête, si on cherche toujours une solution. Moi je le dis, la merde dans la vie, ça nous fait juste avancer et grandir. Qui a dit que la vie était facile… Si quelqu’un un jour dit ça, svp, donnez-lui une claque dans l’derrière d’la tête pour moi!
«-Coudont chose t’écris pu?! -Ben oui j’écris encore… -Tu publies pas fort fort en tout cas… -Je sais… -Pourquoi? -Euh… Bah… euh… je sais pas…»
Honnêtement, ça reste entre vous et moi… mais oui je sais pourquoi je ne publie presque plus. Imaginez-vous dont que moi, Lolie, 27 ans trois quart et toutes mes dents, je me censure. Oui, oui, je me censure. J’ai peur, oui j’avoue, j’ai peur que mes diarrhées verbales aient une certaine répercussion dans mon quotidien. C’est de la merde hein?! Oui, je sais… Justifier le fait que parfois je peux m’emporter, écrire des choses que je pense sur le moment et non en générale, ça ne m’intéresse pas. Avoir à justifier mes écrits… woafff… moi, ça m’turn-off!
Alors, envers et contre tous, pour le bonheur des uns et le malheur de certains je publierai. Je compterai sur la compréhension de mon entourage et blablabla juste à en parler ça m’emmerde! M’enfin… j’aime ça écrire… pourquoi m’en passer? C’est drôle quand même venant de la fille qui clame haut et fort qu’elle se fout de ce que les gens pensent. On aura beau dire, mais n’importe qui qui dit ça ne s’en fout pas tant que ça. Le regard d’autrui… le jugement d’autrui… parlons-en…
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♪«Avoir une tête si grosse ça me ferait sûrement tomber»
J'ai toujours cru que les pires jugements qui étaient posés sur ma personne étaient faits par nul autre que mon moi-même. Aujourd'hui, c'est différent.
Le regard d'autrui sur mon âme dénudée, sur mon cerveau écorché.
Je savais qu'un jour ou l'autre j'allais être confrontée aux préjugés face à ma maladie. Je le savais oui, mais je ne m'y étais jamais vraiment préparée. Non, je n'étais pas prête.
Le regard d'autrui sur mon âme dénudée, sur mon cerveau écorché.
Je suis malade, complètement malade. L'étiquette orange sur mon dossier médical me colle maintenant à la peau. J'aurai beau gratter comme une hyène enragée que ça ne changerais rien. Elle ne partira jamais. J'aurais beau crier sur tous les toits de la ville qu'avant d'être une maladie je suis une personne, ça ne changera rien non plus.
Le regard d'autrui sur mon âme dénudée, sur mon cerveau écorché.
Je n'ai pas envie de me battre pour une cause perdue d'avance. Vos idées préconçues de mon état m'empêcheront de vous convaincre. Une étiquette, collée dans mon dos, comme un vulgaire poisson d'avril, voilà, pour vous, tout ce que je suis.
Le regard d'autrui sur mon âme dénudée, sur mon cerveau écorché.